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Les araignées

Les araignées !

Voltige

 

Avertissement : Arachnophobes s'abstenir !

 

Bien que souvent reléguées avec les insectes dans le grand sac des "vilaines bêtes", les araignées font partie d'un ordre bien à part : les arachnides. Cet ordre, qui regroupe, entre autres, les araignées, les scorpions, les acariens, les opilions, les pseudo-scorpions ainsi que diverses bestioles aux noms bizarres (amblypyges, uropyges, solifuges) et aux formes inquiétantes, est anatomiquement différent des insectes. Alors que ces derniers ont un corps séparé en 3 parties, 6 pattes, 2 paires d'ailes (parfois), et une paire d'antennes, les arachnides ont un corps formé de 2 parties (la tête est fusionnée avec le thorax, on parle alors de céphalothorax), n'ont pas d'ailes ni d'antennes, mais possèdent une paire de pattes suplémentaire.

Les araignées, ou aranéides, groupe qui nous interésse dans cet article, ont en plus la particularité de posséder 2 chélicères armées de crochets à venins, ainsi que des filières au bout de leur abdomen leur permettant de produire une soie dont la rigidité et la viscosité dépend de la fonction à remplir : cocon pour les oeufs, cordon de sécurité (voir photo ci-dessus), matériau de construction pour cachettes diverses, mais surtout... pour attraper leurs victimes ! Car les araignées sont toutes exclusivement prédatrices et carnivores (à l'exception d'une seule espèce végétarienne qui confirme la règle : Bagheera kiplingi) et usent de tactiques diverses pour attraper leurs proies favorites : les insectes. Passons en revue le mode de vie de diverses espèces rencontrées ici et là :

 

Une araignée domestique : la tégénaire noire (Eratigena atrica) est une grande araignée bien connue de nos maisons, où on la retrouve souvent (notamment les mâles qui sont plus vadrouilleurs que les femelles) au fond des éviers, lavabos et baignoires, ce qui provoque généralement des hurlements de frayeur incontrôlés chez la personne qui la découvre... mais pas de panique ! Malgré sa taille impressionnante, la tégénaire est innoffensive, et est au contraire plutôt utile puisqu'elle débarrasse de nos maisons des hôtes indésirables tels que les mites ou les cafards. À défaut de la trouver dans des maisons trop bien tenues, on la rencontre surtout dans des vieux bâtiments type grange où elle tend des toiles horizontales irrégulières, souvent recouvertes de poussières. Dès qu'une bestiole infortunée vient à mettre les pattes dans le piège, la tégénaire à l'affût bondit hors de son repaire (une sorte de tunnel tapissé de soie situé dans un recoin) et se saisit de sa victime qu'elle va alors déguster tranquillement dans son antre.

 

Tegenaire grise

 

Toile aux dimensions impressionnantes.

Toile d araignee

 

Parmi les araignées domestiques, on rencontre aussi souvent le pholque (Pholcus phalangioides), ces frêles et graciles araignées qui tissent des toiles irrégulières avec des fils qui partent dans tout les sens, en haut, en bas, en travers, etc... et dans lesquels les insectes viennent s'empêtrer. Le pholque les emmaillote avec un fil extrêmement collant avant d'y planter ses crochets venimeux et d'aspirer les fluides internes de sa victime.

Malheureusement pour lui, le pholque fait couramment les frais de la frénésie nettoyeuse des maîtres et maîtresses de maison, qui n'apprécient guère la propension qu'ont ses toiles à retenir la poussière, et de ce fait il finit bien souvent engloutit par les aspirateurs... dommage car il fait son ordinaire de divers nuisibles tels mouches, mites et cafards !

 

Pholque et sa proie.

Pholcus phalangioides

 

Mais si certaines araignées recherchent les espaces confinés et sombres que sont les vieilles bâtisses ou les recoins des habitations, la plupart apprécient l'air du grand extérieur et le soleil où elles peuvent tendre leurs filets dans lesquels viennent se prendre de multiples insectes volants et bondissants (mouches, papillons, criquets), comme par exemple ce tétragnathidae en train de déguster sa proie :

 

Dsc3706

 

On croit d'ailleurs que les araignées attrappent toutes leurs proies à l'aide d'une toile, mais beaucoup d'entre elles se saisissent de leurs victimes sans aucun piège, simplement en se précipitant par surprise sur les malheureuses bestioles qui viennent à passer inopinément devant ces minuscules mais féroces monstres. C'est le cas par exemple du pisaure admirable (Pisaura mirabilis), qui aime se cacher dans la végétation des prairies et haies pour y débusquer menus insectes. Le mâle de cette espèce, avec d'autres, offre un insecte emballé de soie à la femelle avant l'accouplement afin d'éviter de se faire dévorer par sa dulcinée. Parfois ce "cadeau" s'avère vide mais la femelle ne s'en aperçoit qu'après l'accouplement car elle doit déballer le paquet !

 

Le mâle (fonçé) fait une "offrande", qu'il tient entre ses chélicères, à la femelle (plus grosse).

Araignee pisaure

 

Parmi les nombreux aranéides qui ne tissent pas de toiles, citons également les thomises, ou plus couramment araignées-crabes, appellées ainsi de part leur vague ressemblance avec le célèbre crustacé. Ces araignées chassent à l'affût, parfois sur les fleurs dont elles peuvent prendre la couleur, et s'emparent à l'aide de leurs larges pattes antérieures des insectes, parfois plus gros qu'elles, qui viennent à passer dans leur champ de vision.

 

Araignee crabe 2

 

Une petite thomise qui a pris la couleur de la fleur sur laquelle elle s'est postée.

Thomise

 

Thomise ayant capturé une mouche. Notez l'importante différence de taille !

Thomisidae

 

Autre espèce de thomise.

Araignee crabe

 

D'ailleurs, la plupart des araignées sont pour ainsi dire totalement myopes : elles possèdent simplement des petits yeux simples (appelés ocelles), au nombre de 8, qui distiguent seulement les variations d'intensité lumineuse. Elles se repèrent surtout à l'aide de leurs pattes qui "tatent" l'environnement et repèrent leurs proies grâce aux vibrations qu'elles produisent dans l'air et sur le sol et qu'elles captent à l'aide des multiples poils sensitifs qu'elles ont partout sur le corps. Mais les saltiques ou plus vulgairement araignées sauteuses, elles, possèdent une vision plus évoluée grâce à 8 yeux énormes qui distinguent nettement les proies en mouvement. Elles s'approchent alors de leur victime puis bondissent dessus, vives comme l'éclair.

 

Une araignée sauteuse.

Araignee sauteuse

 

Enfin, il existe même des araignées amphibies ! Cette dolomède (Dolomedes plantarius) s'est postée aux abords d'un plan d'eau où elle attend le passage d'organismes aquatiques (parfois des petits poissons !) ou semi-aquatiques dont elle pourra se saisir et déguster. Si elle se sent menacée, elle se précipite dans l'eau pour se réfugier, où elle pourra rester plusieurs minutes grâce à l'air qu'elle emmagasine avec les poils de son corps.

 

Araignee amphibie