Mantis religiosa

La Mante religieuse - Mantis religiosa

Mantis religiosa

 

Biologie, moeurs, aspect, etc : Mantis religiosa, communément appelée Mante religieuse ou simplement Mante, est l'un des plus grands insectes de France (environ 5 cm pour le mâle mais jusqu'à 7 cm pour la femelle).

La bestiole est dotée d'une certaine élégance. Son corps est très élancé. Les ailes sont de la même couleur que celle de leur propriétaire. Le prothorax est très long par rapport aux autres types d'insectes. La tête est petite, triangulaire, dotée d'antennes (qui sont plus longues chez le mâle), de deux grands yeux composés, 3 petits yeux simples (ocelles), et de petites mandibules. Les pattes médianes et postérieures sont longues et fines, mais les antérieures, qui sont positionnées à l'avant, vers la tête, ressemblent un peu à des pinces. Il s'agit de pattes dites ravisseuses. (voir ici.) Nous verrons plus tard à quoi elles servent. Le mâle est plus fluet que la femelle. Les jeunes sont des répliques des adultes en miniatures.

 

Mâle adulte vert dévorant un Criquet.

Mante religieuse male

 

Les adultes possèdent des ailes légèrement plus longues que leurs abdomens qui servent à amortir les chutes pour la femelle mais qui sont très fonctionnelles pour le mâle, qui est beaucoup plus vif et prompt à sauter que sa compagne.

La Mante religieuse est généralement de couleur verte avec quelques touches violettes, mais certaines sont brunes-beiges, d'autres plutôt jaunes. Elle habite les friches, de préférence dans les milieux chauds. La Mante est très commune dans le Midi, plus rare au Nord.

 

Femelle adulte verte.

Mante

 

Cet insecte est un redoutable chassseur. En effet les Mantes (toutes espèces confondues) se servent de leur pattes antérieures pour capturer menus arthropodes ayant le malheur de passer à proximité. Attirées par tout ce qui est en mouvement, les Mantes projettent leurs pattes antérieures ravisseuses vers la proie, qui se retrouve coincée entre le fémur et le tibia, et ensuite le féroce prédateur n'a plus qu'à croquer son son gibier (de préférence en commençant par la tête, pour tuer au plus vite son déjeuner et pouvoir ainsi donc festoyer sans avoir à subir les soubresauts de sa victime).

Vous pouvez voir une attaque de ces bestioles pour le moins agressives sur cette page.

 

Petite mante au stade L2. Observez les pattes ravisseuses déjà bien épineuses...

Mante juvenile

 

Au régime de nos Mantis religiosa : Criquets, Sauterelles, Mouches, Papillons, Araignées, de tailles proportionelles à celle de la mante. Cependant les Mantis religiosa adulte n'hésitent pas à s'attaquer à quelque chose de plus consistant qu'un simple petit Criquet. Ils font festin de grosses Sauterelles telles que Tettigonia viridissima, Decticus sp, Ephippiger sp, ou encore à de gros Criquets tels Anacridium aegyptium, ou Acrida ungarica (Truxale). On pourrait dire qu'il s'agit du "superprédateur de la garrigue" du monde des insectes, et ce doté d'un bon appétit.

Ces bestioles sont si insatiables qu'elles font également festin de leurs camarades. Elles s'attaquent et dévorent leurs semblables avec autant de conviction que s'il s'agissait d'un Criquet — proie favorite de la Mante.

Cependant on observe cette tuerie de tout ce qui passe à leur portée uniquement chez les femelles, les mâles, plus petits et plus sveltes, étant beaucoup moins agressifs.

Femelle de couleur brune.

Mantis

 

Lorsque les Mantes sont effrayées, elles entament une posture d'intimidation en écartant largement les pattes ravisseuses, et en déployant leurs ailes. Elles sont capable de produire un bruit en frottant leurs abdomen contre leurs ailes. Si on les approche un peu trop elles donnent de rapide coup de pattes sur l'agresseur. Cette posture d'intimidation sert également pour les proie un peu volumineuses : elles les terrorisent, puis abbattent leur ravisseuses sur le déjeuner.

 

Femelle adulte jaune en position d'intimidation.

Mante posture intimidation

 

La Mante est célèbre pour manger son conjoint après ou pendant l'accouplement. En vérité cela ne se passe pas toujours comme cela : dans la Nature le mâle fait toujours attention à approcher la femelle par derrière et vérifie si elle est réceptive (émet des phéromones) et s'il est assez adroit, il parvient généralement à en réchapper pour s'enfuir loin dans les hautes herbes. En revanche en captivité, tout se passe comme cela, sauf que, l'accouplement se passant dans un espace restreint, le mâle ne peut pas s'échapper, et il finit toujours par attirer l'attention de la femelle qui l'attaque et le dévore. C'est pour cela qu'il est recommandé, en élevage, de placer le couple dans un grand terrarium.

 

Mâle adulte brun dévorant un Criquet.

Mante male

 

Une fois fécondée, la femelle pondra ce que l'on appelle une oothèque : une boîte à oeufs, en d'autres termes. Il s'agit d'une sorte de mousse blanche produite par la mante entourant les oeufs. Elle pondra l'oothèque sur une pierre, des tiges sèches, etc, et la mousse durcira au contact de l'air pour former une texture beige, parcheminée, et formant une proctection contre les rigueurs de l'hiver. Une femelle pond environ entre 3 et 6 oothèques dans sa vie.

 

Oothèque : de la mousse durcie entourant les précieux oeufs.

Ootheque

 

L'oothèque passera l'hiver, puis vers Mai-Juin sortiront pleins de petits juvéniles blanchâtres qui semeront la terreur parmi les moucherons, mais contribueront à la chaîne alimentaire en étant la proie de lézard, d'insectes prédateurs plus gros, d'oiseaux, etc. Ils grandiront pendant l'été et seront adultes début Août. Ils mourront fin Octobre-début Novembre, mais auront laissé plein d'oothèques pour ainsi recommencer le cycle.

 

Comparaison entre deux femelles de couleurs différentes.

Mantes

 

Femelle adulte brune dévorant une blatte.

Mante religieuse 1

 

×