Créer un site internet

Qu'est ce qu'un insecte ?

Qu'est ce qu'un insecte ?

Gendarme

 

Les insectes ne sont généralement pas les animaux les plus appréciés par le commun des mortels, sauf lorsqu'ils se retrouvent sous la semelle de leur chaussure. Et pourtant, ces bestioles cuirassées dotées de six pattes articulées, d'un corps composé de 3 parties (tête, thorax, abdomen) et de deux paires d'ailes sont omniprésentes et soutiennent de nombreux écosystèmes en servant de lunch pour les oiseaux et nombreux autres animaux, en dégradant les matières organiques, en pollinisant les plantes à fleurs... Ces bêbêtes (dont nous avons repertorié environ 1,3 million d'espèces - seulement une infime partie du nombre réel d'espèces) tiennent un rôle immense dans le fonctionnement de notre environnement, d'autant plus qu'ils représentent en terme de biodiversité plus de 80 % des animaux présents sur Terre : Les Forces Chtoniennes sont parmi nous !

Les insectes apprécient en général la chaleur et l'humidité, et on les rencontre principalement dans les forêts tropicales d'Afrique, d'Amérique centrale et du Sud ainsi qu'en Asie du Sud-Est. Dans la mesure du possible, plus il fait chaud, plus les insectes grandissent vite et sont gros. Ainsi le record de taille chez les insectes est détenu par le phasme Phobaeticus chani, une espèce originaire de Bornéo, avec 35,6 cm pattes antérieures dépliées non comprises. On trouve cependant de nombreux insectes dans bien d'autres milieux que ceux des latitudes tropicales et sub-tropicales : les deux seuls milieux où sont absentes ces bêbêtes sont le milieu arctique et la haute mer.

Les insectes présentent des formes aussi diverses que variées (voir cette page), servant notamment de stratégie de défense face à des prédateurs toujours hostiles qui voudraient bien faire leur ordinaire de ces petits animaux fragiles et surtout très nourrissants : certains sont taillés pour la fuite, courant, bondissant ou voltigeant (ex : blattes, criquets, mouches et libellules), d'autres se fondent littéralement dans le décor en imitant leur environnement (Ex : phasmes, mantes, sauterelles et criquets), d'autres encore alertent les éventuels consommateurs qu'ils ont mauvais goût ou sont venimeux/vénéneux en arborant des couleurs vives (Ex : guêpes, certains papillons et leurs chenilles), certains sont bardés d'une épaisse carapace éventuellement dotée d'épines (coléoptères), d'autres encore émettent une odeur infâme,... mais malgré ces moyens de défense les insectes finissent souvent dans l'estomac de nombreuses espèces d'oiseaux, de reptiles, de singes, de rongeurs, d'araignées, etc.

 

Une femelle lucane (Lucanus cervus).

Lucanus cervus

 

Mais s'ils constituent un met de choix pour de nombreux animaux, les insectes savent eux aussi se nourrir de diverses manières et sont dotés d'un solide appétit, surpassant, compte tenu de leur taille, ceux des fauves les plus voraces : il suffit de voir les ravages que causent les invasions de criquets en Afrique ! Les insectes ont des régimes alimentaires variés :

- Les plus nombreux sont ceux qui sont phytophages. À l'aide de leur pièces buccales, ils rongent ou sucent la sève des feuilles, des fruits, des racines, des graines. On peut citer, par exemple : les chenilles, les criquets et certaines sauterelles, de nombreux coléoptères (le doryphore est bien connu pour les dégâts qu'il inflige aux plants de pommes de terre !), les phasmes, les blattes, de nombreux types de punaises, les pucerons, les cigales..., la plupart de ces insectes ne sont pas tellement appréciés des cultivateurs !

- Nombreux sont également les carnivores. Dans ce monde de nains, ces derniers sont souvent plus redoutables que les pires aliens imaginables, et leur arsenal pour capturer et tuer leurs victimes fait froid dans le dos : mandibules coupantes pour lacérer, pattes ravisseuses armées d'épines qui happent la victime, crochets ou rostre qui instillent un poison liquéfiant les organes internes, masque protractile avec crochets harponneurs..., Avec de telles armes que leur a donné l'Évolution, les insectes prédateurs sont bien plus à craindre par leurs proies que n'importe quel fauve : ainsi, un lion a environ 30 % de chances, au moment où il attaque, de capturer son déjeuner, alors que pour une libellule, dans la même situation, cette proportion s'élève à 90 %. Ils se nourrissent généralement d'autres insectes et petits invertébrés, parfois de vertébrés (de grosses mantes religieuses peuvent attaquer des petits oiseaux, lézards et souris, et certains insectes aquatiques dévorent petits poissons, grenouilles et tetârds). Parmi ces tueurs, on a par exemple : les mantes, certaines sauterelles, des colèoptères (carabes, cincindelles, coccinelles, ainsi que leurs larves), les libellules et agrions, certaines guêpes qui nourrissent leurs larves carnivores, certaines mouches (asiles), certains hétéroptères tel que les réduves, ou encore les nèpes, les notonectes, et autres punaises aquatiques...

- Certains, notamment de nombreuses larves de coléoptères, sont xylophages et rongent le bois des arbres morts ou vivants dans lesquels ils sont installés : les larves de lucane, de dynaste, de capricorne, de bupreste, de certains charançons.

- De nombreux sont scatophages et/ou saprophages et se nourrissent de déjections d'animaux ou de matières végétales ou animales en décomposition. Les larves de mouches ou de cétoines, à cet égard, illustrent parfaitement ce concept d'"insecte éboueur".

- Les guêpes, abeilles, bourdons, papillons, certains diptères sont nectarivores : ils butinent joyeusement sur les fleurs et souvent, permettent leur pollinisation, se rendant de ce fait indispensables.

- Enfin, un certain nombre sont sans conteste les plus haïs et les plus redoutés : les hématophages. Avec leur pièces buccales de type piqueuse ou suceuse, ils aspirent tels de minuscules vampires notre sang (et peuvent transmettre par la même occasion de nombreuses maladies dont il serait inutile de détailler ici les effets dévastateurs sur la santé humaine : les moustiques font en moyenne 1 million de morts par an, ce qui est plus qu'une certaine maladie très médiatisée...) ou celui d'autres animaux pour se nourrir ou pour nourrir leurs larves : les mouches piqueuses, taon, moustiques, poux, punaises des lits, et certains réduves en font partie.

On pourrait encore davantage classifier les régimes alimentaires de ces charmantes bestioles, mais il faut néanmoins savoir que nombreux sont celles qui adoptent un régime omnivore, alternant entre végétaux, chair fraîche et éventuellement matière en décomposition. On peut citer par exemple certaines sauterelles opportunistes (comme Tettigonia viridissima) qui sont particulièrement friandes d'insectes vivants qu'elles attrapent mais qui complètent leur menu avec feuilles, graines, étamines et pétales de divers végétaux.

 

Mantis religiosa dévorant une blatte Blaptica dubia.

Mante religieuse 1

 

Comme pour tout être vivant, la taxonomie a tenu à donner un nom scientifique à ces bestioles. Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu'est un nom scientifique, sachez que l'ensemble des organismes que notre science aux tendances pour le moins classificatrices a pu identifier se sont vus dotés d'un nom latin (écrit en italique si possible) définissant leur espèce. Par exemple, le nom scientifique de la créature bipède qui est en train de lire ces lignes est Homo sapiens. Homo est le genre, il regroupe tout les représentants appartenant au genre Homo : Homo sapiens, Homo neandertalis, Homo erectus... et sapiens définit l'espèce, ce qui permet de nous distinguer de nos cousins aujourd'hui disparus. Pour les insectes, c'est pareil : on les nomme souvent avec des noms communs, mais souvent ceux-ci ne donnent pas une idée exacte de l'espèce en question, alors on a recourt aux noms scientifiques.

Les insectes sont classifiés par groupes (je vous invite à regarder sur cette page) en fonction notamment de leur anatomie. Un des points les plus importants constitue le type de pièces buccales : certains, comme vous et moi, broient leur nourriture grâce à deux mandibules, mais d'autres aspirent les liquides à l'aide d'un rostre ou d'une trompe ; on parle alors de pièces buccales de type piqueuses (comme les punaises) ou suceuses (comme les mouches et les papillons, par exemple). Indépendemment de ce critère et de plein d'autres, les insectes se différencient généralement en deux grands groupes : ceux qui sont dits à métamorphose complète et ceux à métamorphose incomplète.

Les insectes à métamorphose incomplète sont les plus anciens, apparus il y a environ 400 millions d'années. Les jeunes (larves) de ce groupe, quand ils naissent, ressemblent aux adultes (dits imagos), ils sont justes plus petits et n'ont pas les ailes encore développées. Dans ce groupe se classent, entre autres, les Hétéroptères, les Mantodea, les Phasmatodea, les Blattodea, et les Odonates.

Ceux du second groupe diffèrent du premier du fait que les jeunes larves ne ressemblent pas aux adultes (ex : chenille/papillon, asticot/mouche), ont très souvent un mode de vie différent, et que, pour passer au stade adulte, elles passent une période de leur vie dans un cocon. C'est le cas des Coléoptères, des Lépidotères (papillons), des Hyménoptères (guêpes, abeilles, bourdons, frelons, fourmis, etc...), des Diptères (mouches et autres) et des Névroptères.

 

Leptophyes punctatissima. Ce genre de sauterelle est phytophage.

Sauterelle 2

 

Pour grandir, étant donné qu'ils sont enfermés dans cette carapace de chitine plus ou moins dure appelée cuticule, les insectes doivent muer : ils se débarassent de leur ancienne peau (appelée alors exuvie), et sortent mou et fragile de cette exuvie et grandissent avant de durcir pour se former une nouvelle cuticule adaptée à leur taille. Une fois parvenu au stade adulte l'insecte ne mue plus. La mue est le moyen de grandir non seulement des insectes mais également de tout les autres arthropodes (arachnides, myriapodes, crustacés). Vous avez ici quelques exemples de mues chez les insectes.

Fait intéressant, de nombreux insectes, notamment ceux à métamorphose incomplète, si l'une ou plusieurs de leurs pattes sont sectionnées, sont capables de les regénerer lors d'une mue. Le membre est alors bien plus petit que ce qu'il n'était avant, mais au cours de chaque nouvelle mue, il grandit jusqu'à, si le nombre de mues effectuées est suffisant, retrouver une taille équivalente ou presque à celle des autres membres.

Une fois parvenues à l'âge adulte, ces bestioles affichent des tailles très variées, allant de quelques dixièmes de millimètre à plus de 35 cm de long (corps compris uniquement), et les plus lourds pesant plus d'une centaine de grammes pour certains gros coléoptères tropicaux. Chose interréssante, contrairement à ce que nous avons l'habitude d'observer chez les vertébrés, chez l'immense majorité des insectes, la femelle est plus grosse et pus imposante que le mâle, ce qui induit chez certaines espèces des rapports qui ne sont pas à l'avantage de Monsieur, notamment chez les féroces mantes aux moeurs cannibales...

 

Coreidae (punaise) dans la jungle colombienne.

Punaise colombie

 

Enfin, un dernier mot sur la disparition de ces bestioles (dont plus de 500 000 sont menacées d'extinction) dans le monde entier. L'usage généralisé des pesticides dans une agriculture qui privilégie la monoculture sensible aux ravageurs aux dépends de la diversité biologique, l'arrachage des haies, refuges pour de nombreuses espèces, ainsi que la lutte chimique contre les espèces "nuisibles" (moustiques, criquets) n'ont pas favorisé l'expansion de ces petites bestioles pourtant indispensables, comme toutes les autres, au fonctionnement de nos ecosystèmes.

Mais ! Vous allez me dire qu'il y a toujours autant de pucerons sur votre rosier et qu'il faut bien traiter pour les éliminer. Pourtant, les insectes disparaissent bel et bien, et ce n'est pas une lubie écolo de hippies chevelus mangeurs de yahourts au bifidus, c'est une réalité scientifique plus qu'alarmante : près de 60 % des populations d'insectes volants en Europe ont disparues au cours des 50 dernières années. Demandez à vos aïeux quel était, à leur époque, le nombre de moucherons collés sur leur pare-brise...

 

Le grillon forestier Nemobius sylvestris.

Nemobie sylvestre

×